Fête des Mères : cinquante nuances de rose

Dimanche 28 mai 2017, c’était le Fête des Mères en France. L’occasion pour les marques de sortir des publicités spéciales « fête des mamans » et, ce faisant, de nous rappeler à toutes et tous quelle image des mères et des femmes on nous vend encore cette année.

 

Présentation de la démarche

Ne recevant pas les publicités dans ma boîte aux lettres (vive le logo « Stop pub » !), j’ai fouillé parmi celles reçues par mes parents. J’ai prélevé toutes les publicités qui faisaient mention de la fête des mères, ce qui m’a permis de trouver 30 pages de publicités à analyser : 14 provenant du catalogue de Carrefour, 9 provenant du catalogue de Lidl, 2 de Botanic, 2 d’Électro Dépôt, 2 de Thabora et 1 de Leader Price.
J’ai complété cette sélection avec 11 pages du journal gratuit CNews Matin du vendredi 19 mai 2017 qui contenait notamment un « spécial fête des mères ». Au total, j’ai donc analysé un corpus de 41 pages de publicités.

L’idée de départ était de comprendre ce que ces publicités nous disaient de la Fête des Mères, des mères, et de façon plus général des femmes. Il faut garder à l’esprit que cette analyse se fait sur une sélection de marques qui, bien qu’assez variées, ne recouvrent pas tout le marché : une analyse avec des marques différentes pourrait donner des résultats différents, même si je pense que mon article révèle une tendance.

Analyse

Les couleurs

Vous aurez peut-être remarqué sur l’image à la une de cet article l’omniprésence de la couleur rose. Cette couleur est considérée comme la couleur féminine par excellence(1) (je vais revenir sur ce point) : les marques savent donc que quiconque regardera leur publicité, même une fraction de secondes, associera immédiatement les produits proposés aux femmes et à la Fêtes des Mères à venir, à moins bien sûr d’en avoir oublié la date.
Ainsi, Carrefour et CNews Matin ont choisi le rose comme couleur principale de couverture ; Électro Dépôt et Leader Price l’ont choisie comme couleur de fond pour leurs produits. Dans CNews Matin, Darty, Rue du Commerce et Sephora ont aussi opté pour le rose. Thabora et Lidl ont privilégié un texte rose, avec en plus des pétales de rose pour Lidl et, pour Thabora, la photographie d’une mère et sa fille vêtues de robes roses et se faisant un bisou.

J’ai compté toutes les pages de publicité contenant du rose dans leur mise en page (fond, texte, etc.) en exceptant celles dans lesquelles les produits présentés étaient eux-mêmes roses : on obtient 25 pages roses, soit 61% du corpus… Comme je le dis dans le titre, c’est vraiment cinquante nuances de rose !

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Compilation des marques utilisant le rose.

Toutefois, certaines pages de publicité font le choix stratégique inverse : plutôt que d’évoquer les personnes à qui sont destinées les produits, elles cherchent à évoquer le type de produit vendu. C’est pourquoi la mise en page de la page « bijoux » de Carrefour est axée sur le doré, et celle de la page « plantes » sur le vert. Botanic est allé plus loin dans cette logique : dans sa publicité, les teintes vertes, jaunes et blanches ont été privilégiées. La photographie principale, une mère et son fils de dos qui se promènent dans la nature, paraît évoquer le naturel et la douceur. Botanic, qui n’a pas utilisé une seule touche de rose dans toute sa publicité, a en fait choisi d’évoquer sa marque plutôt que la Fête des Mères. Au moins, on respire un peu de tout ce rose !

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Recto de la publicité de Botanic.

A propos de la couleur rose, saviez-vous qu’elle n’a pas toujours été considérée comme féminine ? Vous avez sûrement remarqué que le rose est fortement associé aux petites filles, tandis que le bleu clair est plutôt la couleur des petits garçons. Mais contrairement à ce que vous pouvez penser, cette distinction ne date que des années 1930(1). En effet, quand on commence à différencier les vêtements portés par les bébés aux 12ème siècle, le rose est choisi pour les garçons, tandis que le bleu clair est choisi pour les filles. La raison ? Le rouge est alors considéré comme une couleur virile (évoquant le sang, la violence, etc.) : le fait d’associer une version pâle de cette couleur (le rose) au petits garçons fait donc sens. Quant au bleu clair pour les petites filles, ce choix vient du fait que la Vierge Marie est représentée dans la religion catholique comme portant du bleu, une couleur qui lui est très fortement associée symboliquement. Faire porter du bleu clair aux petites filles les rapproche donc de la Vierge(1). Bref, jusqu’en 1930, on fait exactement l’inverse d’aujourd’hui en terme de couleur.

Ce passage devrait vous montrer, s’il en était besoin, que le genre et les représentations qui lui sont associées sont mouvantes historiquement et géographiquement, et absolument pas figées, éternelles et ancrées dans la « Nature » comme certaines personnes le prétendent. Si croisez une de ces personnes, vous pouvez aussi lui rappeler que des robes blanches étaient portées indistinctement par tous les enfants jusqu’au 19ème siècle. Si elle ne vous croit pas, montrez-lui par exemple le tableau ci-dessous et demandez-lui d’identifier les garçons et les filles (vous pouvez jouer à ce jeu vous aussi).

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Alors ? 🙂 La réponse est 6 garçons et 1 seule fille, qui se trouve au centre de l’image(2). Eh oui, car même en connaissant les couleurs associées à chaque sexe, on peut encore se tromper (désolée). Néanmoins, vous aurez remarqué le bleu clair pour la petite fille au centre et le rose pour les deux petits garçons à droite. Ce jeu déroutant peut être effectué dans n’importe quel musée où se trouvent des peintures représentant des enfants des siècles passés.

Avant de m’égarer un peu plus du sujet de base de cet article, je vous conseille les excellents articles de Les Petites Mains sur l’histoire des couleurs des vêtements pour bébés et sur l’histoire de la robe comme vêtements pour enfants qui m’ont aidés à préparer cet article et qui sont une mine d’informations. Et maintenant, revenons-en à la Fête des Mères.

Les produits

J’ai compté les 166 produits vendus dans les pages spéciales Fêtes de Mères (je m’accorde une petite marge d’erreur) et tenté de les classer par catégories.

Commençons par les produits les plus fréquemment proposés, c’est-à-dire ceux qui sont vendus par le plus de marques dans mon corpus. Sans grande surprise, le top 3 est le suivant : les accessoires beauté/esthétique (lisseur, épilateur, etc.) et les produits de beauté (rouge à lèvre, etc.) ; les accessoires de cuisine (multicuiseur, batteur, machine à café, etc.) ; et les fleurs.

Ensuite, si l’on se penche sur les produits qui sont les plus nombreux parmi tous ceux proposés, on obtient le top 3 suivant : l’alimentaire (17%) ; les accessoires beauté/esthétique et les produits de beauté (presque 17%) ; et à égalité en troisième position les accessoires de cuisine et les fleurs (10%). La raison de l’arrivée de l’alimentaire dans ce classement, c’est que Lidl vend à lui seul 24 produits alimentaires ; puisque les pages comportent le texte « Bonne Fête Maman », cela m’a obligé à les comptabiliser même quand cela me paraissait absurde (par exemple, quel rapport entre des yaourts de brebis et la Fête des Mères ?).

Vous l’aurez compris, la Fête des Mères est une fête où l’on mange, où l’on offre des fleurs et où les mères reçoivent des produits de beauté ou des accessoires de cuisine.

Pour être encore plus précise, j’ai classé les produits par catégories, afin de cerner les tendances qui s’en dégageaient. Pour faire ces catégories, je me suis appuyée sur celles proposées par les marques elles-mêmes (j’y reviens dans la partie suivante). Toutefois, mon classement est partiellement subjectif : par exemple, j’ai choisi de classer « bain/douche » dans la catégorie « zen » et non dans « beauté/style ».
Tous les produits ne rentraient pas dans les catégories : 35% des produits n’ont ainsi pas pu être classés. Ces produits sont les suivants : lampe décorative, machine à coudre, alimentaire, carnet, coffret « spécial maman », coffret « Wonder Woman », CD, DVD, fleurs, panier décoratif et papier cadeau.

Le reste a été réparti en cinq catégories, que voici classées par ordre d’importance :

  1. Beauté/style (parfum, montre, bijoux, accessoires beauté/esthétique et produits de beauté) : représente 21% du total
  2. Cuisine (accessoires de cuisine, mug, coffret gourmandise) : représente 13%
  3. Habillement (lunette de soleil, vêtements, chaussures, sac) : représente 11%
  4. Technologie (baladeurs/enceintes, liseuse, PC, TV, téléphonie, montre connectée, appareil photo) : représente presque 11%
  5. Zen (bain/douche, bougie, coffret douceur/zen, diffuseur aromathérapie et lampes d’ambiance, transat/siège) : représente 9%

Voilà donc les catégories centrales dans les produits proposés pour la Fête des Mères. Certaines comme « beauté/style », « cuisine » et « habillement » sont très fortement présentées comme féminines dans notre société. Il me semble que la catégorie « zen » est aussi associée au féminin car tout ce qui est vu comme doux, confortable, reposant, statique, contemplatif, introspectif et proche de la nature est plutôt perçu comme féminin. D’ailleurs, en tapant « zen femme » et « zen homme » dans le moteur de recherche Google, vous obtiendrez, au niveau du nombre de résultats, une différence de plus de 16 millions et demi en faveur de « zen femme ». Sinon, vous pouvez aussi taper « yoga » sur Google Image et regarder ce qui se présente.

La catégorie « technologie » est une catégorie à la base plutôt perçue comme masculine. Je pense que la présence de cette catégorie dans mon classement est due à l’époque plutôt qu’à un changement des représentations : de nos jours, les personnes non connectées sont de plus en plus rares, et les marques savent parfaitement qu’elles feront un plus grand chiffre d’affaire si elles ne se privent pas du marché féminin. L’article que je prévois de faire sur la Fête des Pères permettra de savoir si je me trompe ou non.

Une catégorie qui n’apparaît pas dans mon classement mais qui est pourtant bien présente dans les produits étudiés est « sport ». En effet, j’ai choisi de répartir les produits qui appartenaient à cette catégorie (chaussures, baladeur, DVD, etc.) dans les autres.

Avant de passer à la partie suivante, un dernier détails sur les produits : proposer des épilateurs (Leader Price et Lidl) et de la crème anti-rides (Lidl) pour la Fête des Mères, quelle belle attention !

Les slogans

Si certaines publicités y vont d’un classique « célébrons les mamans » (Botanic), « des cadeaux pour la reine des mamans » (Darty) ou d’un inventif « un jardin de roses pour la plus jolie des mamans » (Lidl), d’autres sont beaucoup plus précises sur ce que veulent les mères. Car qui mieux qu’une marque pour nous dire de ce qu’aiment les mamans ?
CNews Matin a par exemple choisi les catégories de classement suivantes : glamour, élégance, gourmandise, zénitude et sport. Carrefour a choisi : shopping (vêtements, accessoires), dessous (lingeries, pyjamas), bijoux, décoration (« Maman est une super décoratrice et notre maison elle en fait son affaire ! »), beauté, technologie (« Maman elle est branchée… elle est même hyper-connectée ! »), cuisine (« Maman elle adore cuisiner surtout quand elle a tout pour faire son chef »), fleurs, évasion et décontraction. Vous remarquerez comme une similitude entre CNews Matin et Carrefour : il faut croire que toutes les mères aiment la même chose.

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Quelques visuels du catalogue Carrefour.

Mais sont-ce vraiment les mères à qui l’on propose ces produits ? Carrefour affiche sur sa couverture « la fête des mamans qui ne sont pas que des mamans ». Je crois qu’on peut relier cette phrase avec celle que l’on retrouve plus loin dans les pages « Maman d’amour et femme toujours ». CNews Matin explique même, dans sa page « glamour » : « les femmes pourront ainsi prendre soin d’elles au quotidien, tout en ayant une pensée émue pour leurs enfants. ».

En fait, les marques ne font pas vraiment de distinction entre les femmes et les mères : toutes aiment le rose, la beauté, les vêtements, les fleurs, la cuisine, etc. A la rigueur, la seule différence qu’elles font entre elles, c’est l’insistance sur le « zen ». Il faut bien que les mamans se détendent après leurs journées surchargées ! CNews Matin est très clair à ce sujet : « Pressée comme un citron entre son travail et ses obligations familiales, la maman a un besoin impérieux de calme et de volupté pour éviter de craquer. […] rien ne lui ferait plus plaisir qu’un cadeau qui invite à profiter au maximum du peu de temps qu’elle peut s’accorder. ». Oui oui, vous avez bien lu. Une mère, pour les publicitaires, est une femme qui a des enfants et qui, « pressée comme un citron », a bien besoin de repos. Que c’est charmant de la part des marques de profiter de l’inégale répartition des tâches domestiques et de la charge mentale qui pèse sur les femmes pour vendre leurs produits !

Pas convaincu.es par l’absence de différence entre mères et femmes pour les marques ? Prenons par exemple ce pyjama vendu par Carrefour. A première vue, on a du bleu et du gris, ce qui change du rose (malgré tout, notez les petits cœurs dorés). Sur le pyjama de gauche, on peut lire « câline, belle, ardente, drôle, généreuse, attentionnée, sensible, heureuse, bref une maman qui déchire« .

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Pyjama pour femme, catalogue Carrefour.

Voilà donc comment doivent être les mamans pour « déchirer ». Pour ma part, ça me rappelle fortement les traits de caractères que sont censées avoir les femmes dans notre société. Pour s’en assurer, superposons l’image précédente avec celle de ce bodie pour filles qui avait fait parler de lui en 2011 :

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Bodie pour filles, Petit Bateau

On peut y lire « jolie, têtue, rigolote, douce, gourmande, coquette, amoureuse, mignonne, élégante, belle ». Sur les deux vêtements, on a donc :

  • 4 mots évoquant la beauté (belle x2, jolie, mignonne)
  • 4 la sensibilité/les émotions (sensible, amoureuse, heureuse, ardente)
  • 2 le style (coquette, élégante)
  • 2 l’humour (drôle, rigolote)
  • 2 l’empathie (généreuse, attentionnée)
  • 2 la douceur (câline, douce)
  • 2 des défauts (têtue, gourmande)

Les petites filles Petit Bateau ressemblent donc beaucoup aux mères décrites par Carrefour. Il n’est donc pas du tout étonnant que, quand on regarde le sexe des enfants présents sur les 41 pages du corpus, on compte 1 garçon (Botanic) pour 4 filles (Thabora, Leader Price, CDiscount, CNews Matin). On dirait presque que les marques nous préparent dès le plus jeune âge à endosser notre rôle de genre. Mais qui oserait croire ça (sarcasme) ?

Ouverture

Vous l’aurez compris, la Fête des Mères est l’occasion pour les marques de jouer sur l’existence d’une fête officielle afin de vendre leurs produits. Pour cela, quelle meilleure manière que de jouer sur rôles de genres jusqu’à l’écœurement ? Puisqu’on nous inculque dès le plus jeunes âge à être différent.es en raison de notre sexe, il n’est pas étonnant que les marques s’appuient sur ce fait social et l’accentuent en segmentant le marché à grand coup de rose et de stéréotypes.

Pourquoi ? Par ce que la segmentation fait vendre. Ce serait beaucoup trop facile pour les client.es d’acheter un seul gel douche, un seul type de vêtements et un seul type de jouets pour enfants. Pour gagner de l’argent, mieux vaut vendre des gels douches parfumés à l’amande d’un côté et à la menthe glaciale de l’autre ; des robes et des jupes d’un côté et des vestes avec tout un tas de poches de l’autre ; des jouets roses d’un côté et des jouets bleus de l’autre. On est ainsi certain.e que, si vous avez une fille mais que le second enfant de la famille est un garçon, vous rachèterez tous les vêtements, tous les jouets ainsi que la plupart des produits culturels (DVD, CD, livres, etc.). Et si vous êtes en couple, impossible de partager le même parfum ou la même garde-robe puisque vous aurez été habitué.es très tôt à ne pas vouloir les mêmes produits. Jackpot ! Enfin, pas pour vous.

La prochaine fois, on verra ce que les marques font de la Fête des Pères. 😉


Sources

(1) D’après l’article Wikipédia sur la couleur rose.
(2) D’après le blog Les Petites Mains.

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13 commentaires

  1. J’ai adoré ton article ! 😀 Merci d’avoir pris le temps de faire cette analyse !
    Je ne pensais pas que les marques utilisaient tant de rose que ça sur leurs pubs (à Paris, on ne reçoit quasiment pas de publicités pour la Fête des mères dans les boîtes aux lettres, en tout cas pas dans mon immeuble, du coup je ne m’en rends pas tellement compte).
    Je savais que les enfants d’autrefois portaient des robes, mais j’ignorais cet inversion des couleurs associées à chaque sexe ! Voilà un argument de plus à faire valoir quand je m’attaquerai à la sexualisation xD
    Je lis d’ailleurs ton article juste après avoir répondu à La tête en Claire (au sujet de ton article sur ta coupe de cheveux), et c’est tout à fait ce dont je parlais ! Je te conseille de lire la BD Bichon de David Gilson (sauf si tu la connais déjà ^^’), c’est un beau plaidoyer pour ce genre de remise en questions des stéréotypes 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Article génial ! Et quel boulot, bravo !
    J’ai crois que les catalogues de Noël et ceux de fêtes des mères/pères sont des pointures questions véhiculage de clichés !
    Je note quand même l’arrivé du zen et de la techno dans tes catégories, un point un petit peu positif quand même. J’ai souvenir de la surenchère de fers à repasser et autres aspirateurs quand j’étais ado. C’était juste à vomir.
    Et sinon, je me sens cool parce que mon mari met mon parfum et mes enfants étaient en fringues mixtes jusqu’à leurs 6 mois (ce qui me permet de refiler la layette à ma sœur qui a eu un garçon). Mais j’avoue honteusement que après 6 mois, c’est plus genré 😦
    Tin article montre bien quand même que le sexisme a encore de beaux jours devant lui, grâce aux intérêts commerciaux qu’il permet.

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    • Eh bien, je te remercie. ^^ J’y ai effectivement passé pas mal de temps.

      Oui, je n’avais pas pensé aux catalogues de Noël, mais ça aurait aussi pu être une bonne base d’analyse. A méditer pour un article autour de Noël.

      Dans un sens, c’est sûr que c’est mieux. Dans les pages que j’ai analysé, aucun fer à repasser (d’ailleurs, je n’ai pas parlé de ça, j’aurais peut-être dû !). Il y avait tout un tas d’ustensiles ou de robots de cuisines, mais aucun aspirateur, aucun fer à repasser, aucune machine à laver. Il faut dire que j’ai fait cette analyse sur une sélection de pubs. J’imagine que ça doit encore exister, des marques qui vendent des produits ménagers pour la Fête des Mères.
      Pour ce qui est de la technologie, je n’ai pas été très étonnée. Mais pour le zen, j’ai été franchement étonnée de découvrir à quel point c’est associé aux femmes. J’ai même trouvé des articles qui expliquent aux hommes que le yoga n’est pas un sport que pour les femmes (avec notamment l’argument « vous aurez la capacité de maîtriser le moment où vous éjaculez lors d’un coït » ; ça ne s’invente pas).

      Ah oui, si vous partagez un parfum, c’est pas mal ! Pareil pour les vêtements des enfants. Et je crois que ta phrase de conclusion est aussi une bonne conclusion pour mon article. 🙂
      Je te remercie d’être passée me lire, et merci pour ton commentaire. ^^

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  3. (j’ai souvent des soucis avec ma connexion internet, donc parfois j’écris des commentaires qui ne s’envoie jamais x) je viens de t’en écrire un, mai je suis pas sûre qu’il se soit bien envoyé, tu pourras me préciser si oui ou non ?? Désolé, c’est vraiment pas pratique 😕)

    Aimé par 1 personne

  4. Super article. Vraiment très intéressant. J’ai hâte que tu nous décortique la fête des pères (attendons nous à des images à grand renfort de bleu, du foot, des symboles cravates/moustaches, des phrases célébrant le courage, le bonheur d’être papa, vanes humouristique du style « aujourd’hui elle ne vous refusera rien », des images d’un papa hyper concerné par ses enfants comme si c’était le quotidien de tous les pères,….. Et peut-être des cadeaux plus accès culture et connaissance … mais j’espère que je me trompe sur toute la ligne ! J’attends de voir. En tout cas on ne verra pas, ou très peu, de cadeau sexy pour les hommes.. ah ça non, que pour les femmes x) ). L’histoire des vêtements pour bébé, ça me rappelle un ami qui avait offert des bodies à des faux jumeaux, nouveaux nés, et je ne me rappelle plus exactement ce qu’il y avait écrit dessus mais pour la fille c’était une histoire de Prince qu’elle attendra et le garçon une histoire de courage. C’était écrit de manière humouristique et assez bien tourné pour ne pas être flagrant (en tout cas ils se sont donnés cette peine) mais lorsqu’on réfléchit 2min on voit bien que les filles, dès leur naissance, sont mises dans la catégorie « passives » et les garçons dans celle des « entreprenants »… Comme si tous les hommes voulez être des warriors et les femmes des petites princesses toute sage. Il n’y a vraiment aucune place à l’expression de son « vrai soi », et ça dès le plus jeune âge. C’est affligeant.

    Aimé par 2 people

    • Merci pour le compliment. De ton côté, tu fais des supers commentaires, que j’apprécie énormément. 🙂

      Retiens tes hypothèses pour l’article sur la Fête des Pères. Je ne sais pas quand il sortira, mais je le ferai, c’est sûr. Vu tout ce que j’ai dis dans mon article, j’ai un peu peur de ne plus rien avoir à dire dedans mais… on verra. ^^
      J’ai cherché les fameux bodies dont tu parles dans ton commentaire, et j’ai trouvé des choses vraiment affligeantes. Maintenant, j’ai envie de faire un article sur les bodies. x)

      « Il n’y a vraiment aucune place à l’expression de son « vrai soi », et ça dès le plus jeune âge. » : malheureusement, trouver un espace de liberté au milieu de tous ces stéréotypes est une tâche difficile, comme tu le dis très bien. En plus, ce n’est pas comme si ces stéréotypes étaient présents uniquement dans la famille : ils sont partout dans la société, et on les croise forcément qu’on le veuille ou non (c’est un peu le sujet de mon article « « J’ai été élevé.e de façon égalitaire » et pourquoi cette phrase est fausse »).
      Tu as noté avec justesse qu’alors qu’on invite les filles à la passivité, on invite les garçons à l’action. On pourrait faire une liste plus longue que mon bras avec tous ces contraires associés à chaque sexe, des contraires censés être complémentaires en plus. Rester critique, décortiquer cette réalité sociale qui semble tellement naturelle et garder son pouvoir d’indignation demeure à mon avis l’une des meilleures voies à suivre. Par exemple, je suis certaine que tu ne feras pas le même choix que ton ami le jour où tu offriras des bodies. 😉 Je rêve d’un body où il serait seulement marqué « Je ne suis pas un stéréotype ambulant. ». Ça changerait de ce qui se fait d’habitude.

      PS : j’ai bien eu tous tes commentaires, pas de souci. 🙂

      Aimé par 1 personne

      • Haha je suis contente 😀 Faut dire que mes avis/idées son très proche des tiennes et j’ai vraiment très rarement la possibilité de les exprimer. Du coup ça bouillonne en moi et là, ça me fait un bien fou de m’exprimer ici !
        Oh bah si il y a pas grand chose à dire c’est pas très grave puisque les deux articles sont en liens, ça voudra juste dire que c’est très semblable aux stéréotypes fête des mères 🙂 Dans tous les cas ça sera intéressant, je le sais, tes articles sont une valeurs sûre héhé.

        xD Tu pourrais ! Même plus généralement sur les vêtements, là par contre y a vraiment BEAUCOUP de chose à dire. (d’ailleurs tu semblais bien partie pour, dans cet article xD)

        C’est très vrai ce que tu dis, impossible de passer au travers. L’éducation, la culture, les traditions,… Beaucoup de choses importantes et vitales qui mériteraient un bon coup de balai.

        Bref, hâte de tes prochains articles. à très bientôt 🙂

        Aimé par 1 personne

        • Je suis vraiment très contente que tu puisses t’exprimer ici ! 🙂 C’est important de ne pas se sentir complètement seul.e quand on a des idées/avis féministes (je risque le mot, je ne sais pas si tu te reconnais dedans, moi oui) parce que, très souvent, on est reçu.es comme étant « bizarre », « radical.e », ou comme s’intéressant à des choses qui n’en valent pas la peine. Ça peut être pesant. En discuter, en débattre, sans se recevoir des blagues nulles et sexistes, des remarques désobligeantes ou simplement le désintérêt total de la plupart des gens à ce sujet.

          Merci pour tes encouragements pour le futur article. ^^ Ça me fait vraiment plaisir.

          Aimé par 1 personne

          • Oh oui je me reconnais complétement dans le qualificatif de « féministe », de toute façon à partir du moment où on est au courant des conditions de vie des femmes dans le monde, c’est très difficile de ne pas être féministe, qu’on soit homme ou femme. Mais ce mot a de plus en plus une connotation négative et malheureusement la plupart des hommes (mais pas tous heureusement) se sentent très peu concerné par tous ces problèmes… Donc comme tu le dis, c’est vrai qu’on peut vite tomber dans le panier « bizarre » ou « radicale » ou encore « s’excite pour rien » x) Ton blog, oui je le redis, est donc une bouffée d’air !

            Aimé par 1 personne

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